De CUPIDON à STE THERESE D'AVILA

Il serait peut-être temps de cesser de se complaire dans ce sentiment d’arrogance « moderne » qui nous fait croire que la « vraie » spiritualité a sauté les siècles joyeusement de l’Hindouisme et/ou du bouddhisme au christianisme (ou autres) et qu’entre-temps – et partout ailleurs sur la planète - ce fut un désert païen. Ou pire encore, croire qu’il n’y a qu’une seule vraie voie, celle qui se pratique maintenant.

 

Avant d’être une « mythologie », la religion romaine était, tout comme la religion grecque et les autres religions de l'histoire, une voie de spiritualité. Ses dieux étaient des représentations des différents aspects opérants de l’énergie divine et les auteurs des textes grecs fondateurs ont été inspirés, tout comme ceux qui ont écrits les textes sacrés des différentes religions.

 

Prenons par exemple Cupidon. Tout le monde connait Cupidon, le petit angelot joufflu qui tire à l’arc. C’est un des dieux qui a été le plus vulgarisé par notre époque. Les Romains le représentaient avec les yeux bandés lançant des flèches d’amour « au hasard ». 

Il serait réducteur d’y voir une fable plaisante sur le désir et l’amour.

Lorsque les flèches de Cupidon touchent le cœur, elles mettent en état d’amour. Les yeux bandés et le « hasard » symbolisent le véritable amour - qui ne peut être qu'inconditionnel : il ne regarde pas qui est celui qu’il va aimer, il n’y va pas avec le mental. Nous retrouvons dans ce thème la fameuse « ouverture du cœur » qui amène un changement de niveau de conscience et propulse l’être au-delà du mental.

 

Pour les Grecs, Cupidon est Eros, la force primordiale, surpuissante, la force divine par excellence, non manifestée, présente avant toutes choses : L’énergie d’Amour – La religion chrétienne ne dit-elle pas que  « Dieu est amour » ?

 

Pour les romains Cupidon personnifie une force divine, une énergie puissante, une manifestation qui peut accompagner les états de connexion avec le divin. La Sainte chrétienne  Thérèse d’Avila en faisait régulièrement l’expérience lors de ses extases mystiques : Elle décrivait son cœur transpercé par des flèches…

 

Il y a toujours une continuité : les romains ont adapté les dieux grecs en changeant leurs noms lorsqu’ils les ont adoptés. Avec le temps la spiritualité romaine a été dévoyée par les hommes qui l’ont mis au service de leurs besoins et de leur pouvoir temporel. C’est pourquoi ses mythes ont pu être remplacés par ceux de la religion chrétienne qui dans les premiers temps étaient portés à son tour par l’énergie sacrée. Les représentations mythologiques esthétisantes de la Renaissance ont achevé de reléguer la voie spirituelle gréco-romaine au placard de l’aventure spirituelle.

 

Chaque cycle a ses propres besoins d’évolution : Les nouveaux dieux sont des amplifications des dieux anciens et personnifient les aspects du divin que l’homme a besoin de travailler pendant une période définie, l’humanité est en travail depuis le début des temps.

Florence Fabrègue

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